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Safari au Kruger : Satara 2022

Lion blanc lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Lion blanc lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud

Safari au Kruger : Satara 2022

Ce récit de mon voyage en Afrique du Sud pour un safari au Kruger au sein du camp de Satara en 2022 vous emmènera à mes côtés dans le bush, vous transmettant toutes les émotions et les ressentis de ce séjour merveilleux.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le parc national Kruger, venez consulter mon guide du Kruger qui vous présente en détail ce parc merveilleux.

J’espère que vous aurez du plaisir à lire le récit de mon safari au Kruger à Satara et qu’il saura vous faire voyager au travers de ses lignes !

Safari au Kruger à Satara – Jour 1 : arrivée au camp de Satara

Installation et découverte du camp de Satara

Nous nous réveillons aux aurores afin de quitter Olifants après notre séjour à Shingwedzi. La vue nous manquera mais pas la densité faunistique qui s’avère assez pauvre aux alentours d’Olifants.

En effet, durant notre safari matinal autour du camp, aucune âme qui vive. Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé !

Nous prenons donc la H1-4 en direction de Satara. Sur la route, nous croisons les herbivores habituels ainsi que deux mâles lions couchés à l’ombre proche du point d’eau de Nyamarhi. Juste avant notre arrivée, nous observons également trois hyènes tachetées au loin dans la savane.

Le camp de Satara est quelque peu différent de ceux que nous avons visités auparavant. Il est bien plus grand, bien plus bondé, et le paysage avoisinant est très ouvert et peu boisé contrairement à Shingwedzi et Punda Maria.

Cette zone est connue pour sa forte densité de prédateurs et Satara est victime de sa réputation. C’est malheureusement le prix à payer au Kruger : beaucoup d’animaux signifient beaucoup de touristes.

La savane ouverte offre un habitat parfait pour les herbivores brouteurs d’herbe que sont les gnous, les zèbres, et les impalas. Cette concentration de proies attire nécessairement les prédateurs et c’est ainsi qu’il sera très rare que vous quittiez Satara sans y avoir observé lions, léopards, guépards, ou lycaons.

Tout particulièrement les lions dont la population est très élevée aux alentours du camp. Vous aurez peut-être, comme nous, la chance d’observer Casper le lion blanc !

Satara est un des camps les plus intéressants car il se trouve au milieu du Kruger et représente une sorte d’équilibre entre le sud et le nord du parc : moins bondé et peuplé en animaux que le sud, mais plus que le nord.

Nous prenons nos quartiers et trouvons avec chance un emplacement de camping proche des sanitaires. De surcroît, je suis gâté car la laverie à l’air libre possède de grosses poutres comme fondations ce qui me permet d’installer mon petit set-up sportif, un petit peu d’exercice, cela ne fait pas de mal !

Premier safari autour de Satara

Après notre installation, un bon repas, et une petite partie de Scrabble, nous partons pour notre premier safari sur les pistes aux alentours de Satara.

Nous décidons d’effectuer la boucle formée par les routes H7/S40/S127/H1-4. Qu’il est bon de retrouver des plaines ouvertes et de voir enfin au loin. Nous prenons à nouveau plaisir à fixer l’horizon en quête d’une silhouette, d’un mouvement, d’un fantôme de la brousse.

La lumière est chaude, l’ambiance magique, l’heure dorée n’a jamais aussi bien porté son nom. Nous roulons, toutes fenêtres ouvertes, respirant le souffle du sauvage, libres, heureux, et accomplis.

Notre safari ne sera pas spécialement productif, nous observerons quelques zèbres, des impalas, un magnifique calao bucorve, et une hyène tachetée en fin de journée. La lumière a ce don de rendre l’ordinaire fantastique…

Nous rentrons au camp pour profiter d’un bon repas et allons regagner nos pénates en toile en laissant le sommeil prendre le dessus, dans l’attente d’une nouvelle merveilleuse journée au Kruger.

Bebe zebre lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Bébé zèbre lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Calao Bucorve lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Calao Bucorve lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud

Safari au Kruger à Satara – Jour 2 : des félins endormis

Ne jamais réveiller un lion qui dort

Ce matin, nous faisons cap vers le nord afin d’effectuer la grande boucle formée par les routes H1-4/S90/S41/H6.

La route est magnifique, les paysages dégagés, et le soleil rayonnant. Toutefois, nous mettons longtemps avant de voir notre premier prédateur.

Proche du barrage du N’wanetsi, nous croisons une jeep arrêtée au bord de la route. Décidément au kruger, le plaisir de la chasse visuelle des animaux est fortement réduit par la densité de touristes. Tout le monde semble avoir déjà tout vu avant nous !

Une fois n’est pas coutume, nous nous arrêtons à notre tour pour scruter l’horizon et, comme attendu, deux lions sont couchés sous un buisson au loin. Nous ne nous éternisons pas car leur activité est proche du néant et, le soleil ayant été caché par un manteau nuageux, la lumière n’est pas propice à la photographie.

Nous continuons alors notre chemin et tombons sur une nouvelle farandole de véhicules. Cette fois-ci, pas moyen des les contourner, nous sommes face à un embouteillage. Ce sont malheureusement des scènes qui se font de plus en plus fréquentes au Kruger, tant son succès est international.

Comparé à un parc comme le Kgalagadi au sein duquel vous ferez face à des touristes passionnés par les animaux et très respectueux de ces derniers, au Kruger, cela ne sera pas le cas.

Sa popularité attire tout type de personnes, incluant un grand nombre de gens qui n’ont aucune idée de la nature sauvage et des codes à respsecter pour pouvoir l’observer tout en la respectant, ainsi qu’en respectant le plaisir d’autrui face à cette nature.

Nous comprenons que le bouchon s’est créé car une carcasse se trouve en contrebas du pont et plusieurs lions y siègent. Autant vous dire que nous n’avons pu l’apercevoir, les personnes se trouvant aux premières loges ne souhaitant pas laisser leur place afin que tout le monde puisse profiter du spectacle…

Nous avons donc poursuivi notre chemin, après être tombés au beau milieu de la horde de jeeps sur un mâle lion endormi sur la route, bavant encore de satisfaction en songeant à son repas. Qu’il est bon d’être le roi n’est-ce pas ? Pas de tracas, pas de peur, des sommeils profonds, un état d’alerte inexistant, un luxe pour ce seigneur omnipotent.

Nous croisons plus loin encore six lions se reposant (décidément nous sommes face à des félins hyperactifs !) dans les herbes hautes. Nous profitons de leur présence quelques minutes puis retrouvons notre emplacement de camping jusqu’au prochain safari.

Lion lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Lion lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Steenbok lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Steenbok lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud

Un après-midi d’un calme plat

Cet après-midi, nous décidons d’opter pour un plus petit trajet et effectuons la boucle formée par la S100, la S41, et la H6.

Nous explorons cette nouvelle route qui nous paraissait, sur le plan, très intéressante. Et elle l’est. Des plaines ouvertes à perte de vue, une rivière en contrebas qui longe la piste, et des petits détours permettant de venir se poster le long du lit de rivière asséché dans l’espoir d’y débusquer un prédateur.

Toutes les conditions sont réunies pour que notre safari soit couronné de succès. Mais il n’en sera rien.

Nous essayons tant bien que mal d’explorer chaque recoin de la piste, de longer le lit de rivière, de scruter le moindre buisson, mais les carnassiers se sont évaporés.

Nous profitons pleinement de ce magnifique itinéraire, du soleil couchant ocre réchauffant nos coeurs et nos corps. Nous nous réjouissons tout simplement de la chance inouïe que nous avons de pouvoir déambuler librement dans cette nature sauvage qui nous émerveille tant. Merci la vie !

Mais finalement, nous ne rentrerons pas bredouille ! Après avoir dépassé en hâte l’attroupement de voitures sur le pont (si vous vous posiez la question, oui ce sont toujours les mêmes voitures que ce matin qui se trouvent en pôle position pour observer la carcasse), nous croisons une hyène en maraude attirée par les effluves funestes qui émanent de la dépouille de la défunte créature. Ah, quand la mort attire la vie…

Nous croisons encore quelques rapaces, dont le magnifique aigle martial, puis regagnons notre campement pour la nuit. Demain est un autre jour et nous plaçons beaucoup d’espoir en cette dernière matinée de safari à Satara. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas été déçus…

Hyene tachetee lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Hyène tachetée lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Aigle martial lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Aigle martial lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud

Safari au Kruger à Satara – Jour 3 : des prédateurs et encore des prédateurs

La matinée des carnivores

Ce matin, nous décidons de couvrir une grande distance afin de maximiser nos chances de tomber sur les prédateurs du coin. En route donc pour la boucle formée par la S126, la S36, et la H7.

La température est douce, le solei pointant à l’horizon réchauffe l’atmosphère, la lumière est chaude est dorée, tout est réuni pour faire de cette matinée une matinée mémorable.

Et elle le sera ! Nous croisons nos premiers prédateurs peu après avoir bifurqué sur la S126 en la personne de deux hyènes tachetées. Nous sommes seuls (expérience extrêmement rare au Kruger) et pouvons profiter en toute sérénité de cette entrevue bucolique avec les deux individus.

La première d’entre elles fait preuve d’une grande curiosité en venant à notre rencontre. Elle marche en notre direction et vient longer le flanc de notre jeep, nous jetant un regard espiègle et empli de malice.

La seconde, quant à elle, se prélasse au soleil et profite de la chaleur de ses rayons pour récupérer d’une nuit de maraude à la recherche des restes des dépouilles laissés par les lions et d’âmes fragiles à ravir.

Nous reprenons la route puis croisons une voiture. Nous baissons notre fenêtre afin de lui signaler la présence des hyènes, avec un grand sourire tant les émotions de cette rencontre étaient encore fraîches. Nous ne recevons en retour qu’un banal « OK ».

Nous nous rendons peu à peu compte que tout le monde ne ressent pas le même émerveillement que nous face à la beauté et à la puissance du monde sauvage… Nous poursuivons notre chemin, lovés dans notre prison dorée qu’est la bulle de nos sentiments à l’égard des animaux que nous croisons.

Après ce début de safari sur les chapeaux de roues, le rythme de ce dernier ralentit quelque peu. Durant environ une heure et demie, nous ne voyons plus rien. Quelques herbivores par-ci par-là mais rien de bien fou.

Nous profitons alors des paysages et des températures agréables et empruntons la H7 pour terminer notre boucle. C’est alors que tout va s’accélérer.

Nous croisons deux véhicules arrêtés discutant sur le bord de la route. Nous les entendons parler et croyons comprendre les informations suivantes : des lycaons se trouvent proche de la porte d’Orpen et des lions avec une carcasse ont été observés au barrage de N’semane.

Quel choix cornélien s’offre alors à nous. Nous optons pour les lions, espérant que les lycaons, harassés par la chaleur, resteront statiques et se trouveront toujours proche d’Orpen plus tartd dans la matinée.

Impossible de manquer le lieu auquel se trouve la carcasse. Une vingtaine de jeeps se concentrent le long des deux routes qui encadrent la zone du point d’eau. Nous trouvons une place et prenons connaissance de la situation.

Une carcasse de gnou, surveillée par plusieurs lionnes, se trouve dans une crevasse de terre. Les vautours se tiennent prêts, perchés sur un arbre mort qui leur va si bien.

Soudain, nous apercevons du mouvement sur notre droite. Nous n’en croyons pas nos yeux. Casper, le fameux lion blanc de la région, entre alors en scène en redoublant de rugissements.

Il s’avance vers la carcasse, sûr de sa puissance et de son autorité. Or, nous n’étions pas prêts pour le spectacle qui allait suivre.

Alors qu’il s’approche de la carcasse, les femelles sortent des buissons et se ruent sur le chevalier blanc, le rouant de coups et le passant à tabac. Jamais nous n’avions observé une telle manifestation de haine entre deux animaux de la même espèce (de surcroît de la même troupe).

Tel un essaim enragé, les lionnes fondent sur le malheureux visiteur et ne le laissent plus respirer. Elle resserrent leur étreinte violente sur le pauvre Casper qui ne peut se défendre face à une telle abondance de crocs et de griffes hostiles à sa présence.

Il se débat comme un beau diable mais est contraint de fuir. Hasard de la providence, deux de ses frères arrivent à sa rescousse. Comportement invraisemblable, les lionnes cessent immédiatement leur révolte véhémente et fuient les deux mâles imposants.

Incroyable de voir à quel point elle redoutent et respectent les mâles « normaux » et méprisent le mâle blanc (différent). La cohue règne et les différents membres de la troupe s’éparpillent dans toutes les directions.

Un quatrième mâle fait alors son apparition, rugissant à gorge déployée pour asseoir sa domination et celle de ses frères. Il se dirige vers la carcasse et décide de s’autoproclamer gardien de cette dernière.

Nous restons encore quelques minutes auprès du lion et de la carcasse, stupéfaits par le spectacle auquel nous venons d’assister.

Puis, nous nous souvenons des lycaons. Nous nous mettons en route vers la porte d’Orpen afin de voir si ces derniers s’y trouvent toujours. Mais, alors que cela fait dix minutes que nous avons quitté les lions, nous devons freiner pour laisser traverser un individu inattendu.

Calmement, un léopard avait décidé de traverser à cet endroit sans se soucier des véhicules passant par là. Encore une fois, nous sommes seuls avec le léopard (décidément nous sommes chanceux ajd !) et profitons de ce dernier une bonne dizaine de minutes.

Il finit par s’évanouir dans les buissons. Nous reprenons alors notre en route en direction des lycaons. Après 45 minutes de trajet, nous les trouvons finalement couchés à l’ombre d’un grand arbre, essayant par tous les moyens d’échapper à la chaleur qui s’intensifie de minute en minute.

Devant leur manque d’activité, nous décidons de rebrousser chemin pour rentrer à Satara. Sur le chemin du retour, comme pour clore cette matinée en beauté, nous croisons un guépard allongé sous un arbre le long de la route. Lui aussi semblait souffrir de la chaleur.

Et voilà une matinée folle, une matinée comme nous n’en avions encore jamais vécu. En cinq heures de safari, nous avions observé les 5 grands prédateurs du parc national Kruger. Si vous doutiez encore de la productivité, en termes de rencontres avec les prédateurs, du Kruger et particulièrment de Satara, je pense que ce récit dissipe les quelques doutes qui subsistaient.

Hyene tachetee lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Hyène tachetée lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Lion blanc lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Lion blanc lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud

Le calme après la tempête

Après cette matinée folle, nous décidons d’effectuer une plus petite boucle afin de nous laisser du temps de repos au camp durant la journée. Nous empruntons donc la boucle formée par la S100, la S41, et la H6.

La route est magnifique, longeant à nouveau un lit de rivière avec de multiples petits points de vue permettant d’observer un hypothétique prédateur qui viendrait s’abreuver ou qui se tapirait à l’ombre des arbres.

Or, il n’en est rien. Aucun prédateur à l’horizon, aucun charognard rôdant en quête d’une dépouille, ni même quelques herbivores broutant l’herbe des plaines. Aucune âme qui vive ne désire croiser notre chemin, peut-être avons-nous épuisé notre quota de chance ce matin ?

Nous rentrons donc à Satara bredouille, quoique, avoir le privilège d’assister à un merveilleux coucher de soleil chaque soir nous rappelle que chaque safari nous offre de magnifiques visions.

Le lendemain matin, nous partons pour le plus grand camp du Kruger : Skukuza !

Impala lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Impala lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Lion blanc lors d'un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud
Lion blanc lors d’un safari à Satara dans le parc national Kruger en Afrique du Sud

J’espère que vous avez eu du plaisir à lire ce récit et qu’il vous a donné envie de visiter Satara ! Si vous souhaitez me poser une question sur l’article, sur n’importe quel autre sujet animalier, ou que vous désirez que j’organise votre voyage en Afrique du Sud pour vous, contactez-moi et je me ferai un plaisir de revenir vers vous dans les plus brefs délais.

En attendant le prochain article, je vous souhaite tout le meilleur, soyez passionné, restez motivé, à bientôt !

Loïc Maire, le 09.02.2024