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Safari à la Liuwa : Mukalabumbu 2022

Lion lors d'un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Lion lors d’un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie

Safari à la Liuwa : Mukalabumbu 2022

Ce récit de mon voyage en Zambie pour un safari à la Liuwa au sein du camp de Mukalabumbu en 2022 vous emmènera à mes côtés dans le bush, vous transmettant toutes les émotions et les ressentis de ce séjour merveilleux.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le parc national Liuwa, venez consulter mon guide de la Liuwa qui vous présente en détail ce parc sauvage et authentique.

J’espère que vous aurez du plaisir à lire le récit de mon safari à la Liuwa à Mukalabumbu et qu’il saura vous faire voyager au travers de ses lignes !

Safari à la Liuwa à Mukalabumbu – Jour 1 : arrivée au camp de Kwale

Installation et découverte du camp de Kwale

Après un merveilleux séjour dans le parc national Kafue, il est temps pour nous de rejoindre la dernière étape de notre voyage en Zambie, le parc national Liuwa !

Après de nombreuses heures de voiture, nous faisons le plein de victuailles à la ville de Mongu. Nous achetons juste ce qu’il faut en pensant qu’il nous sera aisé de venir faire de nouveaux achats le cas échéant… grossière erreur…

Nous poursuivons notre route vers Kalabo, le village se trouvant aux portes du parc national Liuwa. Première surprise de ce périple qui n’en manquera pas : il faut traverser une rivière pour rejoindre le parc.

Après avoir demandé de l’aide à plusieurs personnes, nous comprenons qu’il nous faut nous poster devant la petite navette fuluviale de fortune qui fera traverser notre jeep.

Après quelques minutes d’attente, un jeune garçon de 14 ans tout au plus vient nous demander de hisser notre véhicule sur le bateau. Nous nous exécutons. Quelques personnes montent avec nous et c’est parti pour la petite traversée.

Un moment assez génial et mémorable que nous ne sommes pas près d’oublier. De l’autre côté, c’est beaucoup moins drôle. Nous arrivons sur une plage de sable et ne sommes pas du tout prêts à conduire dans du sable fin dans lequel notre voiture vient bien évidemment de s’enliser.

En effet, selon les dires de la personne nous ayant loué la voiture, pas besoin de dégonfler les pneus pour rouler dans la Liuwa. Il ne nous a donc bien sûr pas donné de quoi les dégonfler et c’est alors que notre calvaire commence.

Après 20 minutes à la pelle et l’aide de quelques locaux, nous arrivons finalement à extirper notre jeep du sable. Mais n’allez pas croire que tous nos problèmes étaient résolus.

Il nous reste 10 kilomètres jusqu’à la réception du parc et 20 encore jusqu’à notre campement. Le tout sans aucune indication. Autant vous dire que cela n’a pas été une partie de plaisir.

Je vous passe les détails mais sans Maps.me, l’aide salvatrice de 4 hommes au sein du parc, et 3 heures d’huile de coude à creuser le sable sous 40 degrés après deux enlisements, nous arrivons finalement à notre camp à la tombée de la nuit.

4 heures pour effectuer 20 kilomètres, et sans avoir trouvé la réception, c’est du grand art. Mention spéciale pour nos sauveurs de la Liuwa sans lesquels nous serions sûrement encore coincés dans le sable.

La Liuwa est un parc très particulier. En son sein résident 10’000 locaux qui continuent de vivre à l’intérieur de la zone protégée, en harmonie avec la nature. Les taxes de séjour au sein du parc permettent notamment de leur apporter une aide financière et de payer des écoles pour les enfants des villages. De plus, la majorité des postes au sein du parc sont attribués à des personnes des communautés locales. Un magnifique exemple de cohabitation parfaite entre les Hommes et la nature.

Mais revenons-en à nos sauveurs. Cela faisait 1,5 heures que nous étions enlisés, à creuser le sable bouillant, transpirant toute l’eau de notre corps, et venant à bout de nos nerfs.

Il est évident que lorsqu’il vous est impossible de dégonfler vos pneus, vos chances de rester coincé dans le sable sont proches de 100%. Soudain, 4 hommes qui travaillaient dans les champs sont venus à notre secours.

Pendant une heure, ils ont creusé et souffert avec nous. Après avoir finalement réussi à nous extirper de ce piège sournois, nous avons célébré ensemble cet exploit comme si nous nous étions toujours connus.

Jamais nous n’oublierons la sollicitude et la bienveillance des habitants de la Liuwa, nous leur devons beaucoup sur ce périple.

Une fois arrivés au camp, nous n’avons plus qu’une envie, nous reposer ! Le camp est assez sommaire (comme tous ceux de la Liuwa) : un emplacement de camping, un wc et une douche pour l’ensemble du camping (6 emplacements en tout), et c’est tout.

Nous nous endormons enfin après cette journée interminable, nous réjouissant d’explorer le parc le lendemain matin.

Ourebi lors d'un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Ourébi lors d’un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Gnou lors d'un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Gnou lors d’un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie

Safari à la Liuwa à Mukalabumbu – Jour 2 : arrivée et installation à Mukalabumbu

Un long trajet encore et encore

Ce matin, nous faisons route vers le nord de la Liuwa. En effet, l’un des grands attraits de ce parc réside en la migration des gnous (de l’Angola à la Zambie). Pas aussi conséquente que celle du Masaï Mara et du Serengeti, elle reste très impressionnante.

Cette dernière débute en novembre pour se poursuivre durant tout le mois. Elle commence au nord du parc et voit les gnous se diriger vers le sud du parc au fil des mois.

C’est donc la raison pour laquelle nous séjournons durant 7 nuits dans le deuxième camp le plus septentrional du parc : Mukalabumbu.

Avant notre départ, nous sommes bien évidément allés à la réception pour nous enregistrer, acheter de l’essence (car les péripéties de la veille avaient utilisé une bonne partie de notre réservoir), et faire dégonfler nos pneus. Nous comprenons également à cet instant que nous n’allons pas retourner en ville avant la fin de notre séjour, nous allons devoir rationner notre nourriture…

Après cette matinée chargée, nous nous mettons en chemin vers Mukalabumbu. La Liuwa est un parc très sablonneux et vous ne pourrez pas conséquent pas rouler « très vite » (aller plus vite que 30km/h est interdit). La route vers Mukalabumbu nous a donc pris la fin de notre matinée et une bonne partie de notre après-midi.

Sur le chemin, nous croisons quelques zèbres et beaucoup de gnous. Nous avons même le privilège d’observer un petit venant de naître il y a moins d’une heure. Quel spectacle incroyable que de le regarder essayer de se tenir debout, de marcher, puis finalement de courir.

Quelle capacité stupéfiante les petits herbivores ont-ils que d’être capable de courir quelques heures après leur naissance. L’instinct de survie fait bien les choses !

Nous atteignons notre camp, prenons nos quartiers et rencontrons Nancy, l’homme qui s’occupe du camp. Il est issu des communautés locales et nous échangeons quelque peu avec lui sur la vie à la Liuwa et son parcours. Une rencontre très enrichissante que nous avons pu approfondir tout au long des 7 jours que nous avons passés à Mukalabumbu.

Pour le safari du soir, nous effectuons un petit aller-retour non loin du camp, fatigués par ces deux dernières journées. Nous n’y observerons que des gnous, des grues couronnées, et des grues caronculéées.

Lion lors d'un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Lion lors d’un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Aigle Bateleur lors d'un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Aigle Bateleur lors d’un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie

Safari à la Liuwa à Mukalabumbu – Jours 3-7 : des gnous en boucle

Deux routes et des gnous

Durant les 5 jours qui ont suivi, nous arpentons la région du nord du parc à la recherche des lions, des guépards, des hyènes tachetées, et des lycaons.

Il faut savoir que la Liuwa n’est pas un parc comme les autres. Elle subit une inondation tous les ans de décembre à février. Toute cette eau attire de nombreux herbivores ainsi que des prédateurs. Lorsque l’eau disparaît, les herbivores et les prédateurs en font autant.

Comme les pluies ne sont encore pas arrivées, nous peinons à trouver des animaux. La gestion du parc n’a été sérieusement reprise par African Parks qu’en 2003. Des réintroductions d’animaux ont eu lieu à partir de 2008. Avant cela, la chasse avait éradiqué tous les habitants du parc.

Le seul problème est que le parc n’a pas de clôtures. Ainsi, lorsque les herbivores quittent le parc à la saison sèche pour rejoindre l’Angola, les prédateurs les suivent et se font souvent tuer en Angola. De ce fait, de nombreuses tentatives de réintroduction ont échoué.

Lors de notre passage, on comptait une troupe de lions, une meute de lycaons, des hyènes, ainsi qu’une vingtaine de guépards. Ce parc étant d’ailleurs l’un des seuls (voire le seul) en Zambie où l’on peut observer les guépards. La Liuwa est également très célèbre pour ses hyènes qui sont les prédateurs les plus nombreux au sein du parc.

Nous avons donc cherché encore et encore ces prédateurs fantômatiques. Mais la tâche s’avère plus ardue que prévue. Des jours durant, nous traversons le nord du parc en long, en large, et en travers, mais rien n’y fait.

Nous voyons des gnous, des grues (magnifiques oiseaux par ailleurs), des ourébis, et quelques zèbres, et c’est tout…

Aucune trace des hyènes, des lions, et des autres prédateurs. De plus, le nord n’est composé que de deux routes. Les trajets se ressemblent donc toujours plus de jour en jour, et le désespoir commence à nous gagner.

Lors du jour 4, nous trouvons 4 lions au bord de la route. Il est 10:30, il fait extrêmement chaud. Nous les observons quelques minutes et décidons de rentrer au camp pour venir les retrouver en fin de journée quand les températures seront plus douces.

A notre grand dam, les félins ont quitté les lieux et nous repartons de zéro dans notre quête de prédateurs.

Nous commençons à avoir de moins en moins de nourriture, notre camp est envahi par les mouches qui nous poussent à passer notre après-midi dans notre voiture ou notre tente. En toute honnêteté, la Liuwa commence à affecter notre moral.

Nous écumons les plaines jour après jour, safari après safari, buisson après buissons mais rien n’y fait, les prédateurs nous échappent continuellement.

Heureusement, le parc nous apporte un sentiment de liberté encore jamais vu et nous nous réconfortons en nous disant que nous sommes privilégiés de pouvoir déambuler ainsi en pleine nature africaine, seuls au monde (nous avons croisé 2 voitures en 8 jours).

Lion lors d'un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Lion lors d’un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Gnou lors d'un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie
Gnou lors d’un safari à la Liuwa dans le camp de Mukalabumbu en Zambie

Safari à la Liuwa à Mukalabumbu – Jour 8 : l’heure de la dernière chance a sonné

Des prédateurs, enfin !

Nous voilà au dernier jour de notre périple à la Liuwa. Nous quittons Mukalabumbu pour rejoindre Kwale afin d’y passer notre dernière nuit avant de quitter le parc.

Nous enlaçons Nancy, échangeant quelques mots, et partons, quelque peu déçus par cette expérience qui nous laisse un goût d’inachevé. Les troupeaux de gnous étaient fantastiques mais la migration n’était pas à son paroxysme. Les paysages étaient splendides mais trop peu habités. La nature était magique mais est restée indomptable.

Sur le chemin du retour, nous décidons d’explorer les différentes boucles se trouvant dans la zone du camp de Katoyana. Et là, comme si le ciel nous avait entendu, le miracle se poduit. Une, deux, trois, puis sept hyènes au fur et à mesure de notre exploration.

Ah si nous avions su !! Nous aurions dû couper notre séjour en deux : moitié Mukalabumbu et moitié Katoyana. Nous observons donc plusieurs hyènes se reposant dans les plaines et autour des points d’eau.

Mais toujours impossible de trouver les lions. Les animaux-totem de Malika lui font défaut alors qu’ils ont su répondre présents tout au long de notre périple africain. Que se passe-t-il ? Le lien entre elle et ces animaux majestueux était-il rompu ?

Avant de bifurquer en direction de Kwale, je propose à Malika d’effectuer un dernier détour passant par « Lone Palm » (un point d’eau). Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, elle accepte et nous nous en allons boire le calice jusqu’à la lie.

Le ciel est couvert, comme durant tout notre séjour, l’air est lourd, aucune éclaircie ne semble se profiler à l’horizon.

Mais soudain, une silhouette tapie dans les herbes attire notre attention. Nous n’en croyons pas nos yeux, des lions !!

Nous nous rapprochons et nous rendons compte que nous avons à faire à trois jeunes mâles. Nous profitons de leurs câlins, leurs jeux, leurs mimiques comme si c’était la première fois que nous voyions des lions.

Mais le spectacle n’était pas terminé. Les jeunes décident de se poser sur une petite butte herbeuse, fixant l’horizon. Leur queue frétille, leurs yeux ne bougent pas d’un iota, nous sentons que quelque chose de spécial est en passe de se produire.

C’est alors que, devant nos yeux ébahis, toute la troupe surgit. Les mères, les plus jeunes, les adolescents, les 17 lions de la Liuwa sont réunis devant nous. Nous n’en revenons pas. La patience avait finalement payé !

Mais le plus beau restait à venir… Alors que nous pensons que nous ne pouvons pas être plus chanceux, nous distinguons au loin une masse sombre s’approcher de la troupe. Toutes et tous cessent leurs jeux et fixent la silhouette lointaine. Le voilà, le roi de la Liuwa ! Sans aucun doute le plus beau lion mâle que nous n’avons jamais vu.

Nous restons auprès de toute la petite famille pendant une heure avant que cette dernière ne se mette en mouvement. Cette fois-ci, nous ne faisons pas l’erreur de rentrer au camp et suivons les félins.

Cette matinée folle se termine alors en apothéose lorsque nous découvrons que toute la troupe se rend vers une carcasse fraîche de gnou. Nous assistons au festin pendant plus d’une heure. Quel moment incroyable. Après toutes ces heures à les chercher, les lions de la Liuwa nous avaient finalement offert le plus beau des spectacles.

Ce n’est pas sans un pincement au coeur que nous les abondonnons pour nous rendre à notre camp. Mais c’est avec le coeur bondé de merveilleux souvenirs et sentiments que nous laissons les félins à leur digestion pour aller retrouver notre gîte du soir.

Nous passons donc notre dernière nuit à la Liuwa, clôturant une aventure inoubliable et sans pareille. Ce parc est un sanctuaire sauvage comme nous n’en avons rencontré aucun en Afrique, nous y retournerons un jour, c’est à n’en point douter !

J’espère que vous avez eu du plaisir à lire ce récit et qu’il vous a donné envie de visiter le parc national Liuwa ! Si vous souhaitez me poser une question sur l’article, sur n’importe quel autre sujet animalier, ou que vous désirez que j’organise votre voyage en Zambie pour vous, contactez-moi et je me ferai un plaisir de revenir vers vous dans les plus brefs délais.

En attendant le prochain article, je vous souhaite tout le meilleur, soyez passionné, restez motivé, à bientôt !

Loïc Maire, le 14.02.2024